CARTE DU CIEL

Parcours
Jean-Diego intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1990. Assistant du Département des peintures du musée du Louvre durant plusieurs années, il complète sa formation par une connaissance approfondie des peintres réalistes, qui, à la suite du Caravage, ont marqué l’art du XVIIème siècle. Une passion qui le mène en Espagne où, durant dix ans, il parcourt le pays et affine également sa connaissance de l’art populaire sacré. La pratique du portrait, dans laquelle il se spécialise, l’amène également à dialoguer avec l’œuvre d’artistes plus contemporains comme Morandi dont se rapprochent souvent ses premières œuvres. Au tournant des années 2000, une commande  de collectionneurs marocains lui offre l’occasion de découvrir cet « orient singulier » qu’avant lui, Delacroix ou Matisse ont exploré. Contre toute attente, sa pratique vole alors en éclat. L’huile cède la place à la gouache, la toile aux papiers découpés, et sa palette austère, à une frondaison de couleurs pures et lumineuses. Radical, ce mouvement l’amène à synthétiser ses acquis et à les mettre au service d’un univers singulier entièrement tourné vers le merveilleux.

 Présentation
Dans les interstices de la réalité, un peuple s’avance. Corps massifs. Silhouettes fragiles et profils graves. Leur regard en dit long sur ce présent qu’ils infiltrent, et fige leur métamorphose dans la stupéfaction. Curieux corps de ballet ! Avec eux s’avance un monde. Dans l’ombre de ses citrons bleu d’orient, l’œillet rose tyrien s’incline où le lapin s’orange persan et la souris se boise turquoise. Jusqu’aux oiseaux vert Véronèse… tout, ici, a la densité du merveilleux. Curieux Eden ! Sur cet univers de graals, d’épées et d’ifs taillés, règnent les rois que les reines rouges consolent. Au cœur du labyrinthe, ils sont les maîtres du jeu… (Ou du moins… ils le croient!) Autour d’eux ? Une foule de courtisans, comme autant de portraits, qui regardent, se regardent …nous regardent. Ou nous concernent ! Dans la pleine puissance de sa joie, l’univers de Jean-Diego Membrive poursuit sa révélation. Celle de la matière, de la couleur et de la forme qui donne à voir un autre fond chez l’homme, et met en jeu une autre définition du portrait. Rousseau écrivait bien ses Rêveries sur des cartes à jouer ! Jean-Diego, lui, joue quant il peint. Et fait de chaque portrait l’aboutissement d’une Réussite poétiquement menée. Son projet vise autant la nature dialectique de l’expérience esthétique que la dimension ludique de ses mouvements. Je joue, donc « jeu » suis. Le constat nous définit multiples. Tristes et joyeux, drôles mais ténébreux. Plastiques dans nos contradictions. Paradoxaux dans nos règles. Excentriques dans nos solitudes… Etre prêt à se penser dans la couleur ? A se ressentir fragmenté ? A se rêver vivant ? En somme… à se découvrir autre ! Furieux programme ! Jouer le jeu de l’œuvre pour dire « je ». Encourir ce risque dans la joie, pour rejoindre sa puissance. Un possible. 

Jérôme Buisson, Historien de l’art 

Liens : MacParis 2014 : http://www.mac2000-art.com/NEW/index.html?2014/imgcol/_00103.htm Paris Artistes 2014 : http://www.parisartistes.com/jean-diego-membrive/ Paris Artistes 2016 : http://www.parisartistes.com/jean-diego-membrive-2/ Instagram : http://www.thepictaram.club/instagram/jeandiego8824 Kazoart : https://www.kazoart.com/artiste-contemporain/324-jean-diego-Membrive